La valeur d’un terrain riverain ou d’un chalet situé en bordure d’un lac est intimement liée à la qualité de l’eau du lac. Cet élément est malheureusement trop souvent négligé lorsque vient le moment d’acheter une propriété riveraine. Un chalet situé sur les rives d’un lac eutrophe a peu de valeurs aux yeux d’un acquéreur qui cherche une eau de qualité baignade.

Dans les paragraphes qui suivent, nous vous présentons l’essentiel de ce qu’il faut connaître d’un lac avant d’y prendre pied. 

Généralités 

Selon les objectifs poursuivis (prise d’eau potable, baignade, eutrophisation, etc.), il existe plusieurs méthodes pour caractériser les eaux d’un lac, et chacune d’elle implique un choix de paramètres spécifiques et des analyses particulières (in situ et laboratoires).

Au Québec le Ministère de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques (MELCC) propose une méthodologie simple basée sur des mesures directes au lac (transparence) et sur le prélèvement de quelques échantillons d’eau au-dessus des parties les plus profondes du lac (fosses).

Les paramètres proposés et suivis par le MELCC pour établir le niveau trophique des lacs sont les suivants :

Le phosphore total (PT): 

  • Il est un élément nutritif qui se trouve généralement en faibles concentrations dans l’eau des lacs. Il y a un lien étroit entre la concentration de phosphore et l’abondance des algues et le niveau trophique d’un lac. Les lacs eutrophes ont généralement une plus forte concentration de phosphore.
  • Dans les lacs des Laurentides par exemple, les concentrations moyennes annuelles du phosphore total (Pt) en conditions naturelles varient entre 3 et 20 ug/L dans les lacs individuels, avec une moyenne de 7 ug/L.
  • Des analyses réalisées par le MELCC à partir d’une vaste banque de données suggèrent que la concentration naturelle pour les lacs des Laurentides serait de l’ordre de 7 µg/l.
  • Ces données suggèrent que le bruit de fond en phosphore des lacs de la région des Laurentides est de 7 ug/L. Il serait de 11 ug/L en Estrie et de 17 ug/L pour les lacs de l’Abitibi.

La chlorophylle a (chla):

  • C’est la mesure d’un pigment vert que l’on retrouve dans la composition des plantes et des algues. Il s’agit donc d’un excellent indicateur de la biomasse (quantité) des algues microscopiques qui sont en suspension dans l’eau du lac. La concentration de chlorophylle a augmente en fonction de la concentration des matières nutritives, en particulier le phosphore. Il y a donc un lien entre cette augmentation et le niveau trophique d’un lac. Les lacs eutrophes sont souvent aux prises avec une production importante d’algues.

Le carbone organique dissous (COD):

  • Cet élément provient de la décomposition des organismes. La concentration de COD dans l’eau est fortement associée à la présence des matières qui sont responsables de sa coloration jaunâtre ou brunâtre, notamment l’acide humique provenant des milieux humides (comme les marécages, les tourbières et les marais) et hypothétiquement de la décomposition des matières organiques dissoutes provenant des installations septiques.
  • La mesure du COD permet d’avoir une appréciation de la coloration de l’eau, qui est un des facteurs qui influencent sa transparence. La transparence de l’eau diminue avec l’augmentation de la concentration du carbone organique dissous.
  • Il s’agit essentiellement d’acide humique provenant des sols forestiers et des milieux humides. La transparence de l’eau est aussi fortement influencée par la coloration de l’eau.

La transparence de l’eau:

  • Étant donné que l’augmentation des concentrations en phosphore dans l’eau des lacs conduit généralement et disons, éventuellement, à l’augmentation des algues microscopiques dans l’eau, donc à une diminution de la clarté de l’eau, la mesure de la transparence de l’eau est une mesure générique et peu coûteuse à réaliser dans le suivi de la qualité d’eau des lacs.
  • C’est pour cette raison que le suivi de ce paramètre est si important pour les gestionnaires de lacs, car il y a un lien fort entre la transparence de l’eau d’un lac et son état trophique. Les lacs eutrophes sont généralement caractérisés par une faible transparence de leur eau (- 1 à -2m).

  

Contamination microbienne:

  • Pour les lacs soutenant des activités nautiques de contact (baignade, ski nautique, etc.) il est fortement suggéré de procéder, en complément des autres analyses et mesures, au décompte des coli dans l’eau. C’est une question de santé publique.
  • Les coliformes, souvent le principal élément analysé dans certains lacs de villégiature, sont des espèces bactériennes qu’on trouve naturellement dans les sols, la végétation et l’eau ou bien encore dans l’intestin des humains et des animaux à sang chaud. L’ensemble de ces espèces porte le nom de coliformes totaux. Parmi ceux-ci, ceux qui proviennent des intestins des humains et des animaux sont nommés coliformes fécaux.
  • Dans les coliformes fécaux, environ 90 % sont des bactéries Escherichia coli(coli). Leur présence indique, hors de tout doute, une contamination d’origine fécale de l’eau et la présence potentielle de microorganismes pathogènes. Comme les coliformes fécaux ne se reproduisent pas dans l’eau, leur présence indique une contamination très récente (déversement) ou continue (installations septiques, présences animales, entreposage ou épandage de fumiers, etc.).
  • Bien que les coliformes fécaux et coli soient habituellement sans risque pour les humains, il y a des exceptions notoires comme Escherichia coli0157 :H7 (Walkerton). Mais le plus grand danger réside dans la possibilité que des microorganismes pathogènes accompagnent les coliformes fécaux et E.coli. Ces microorganismes sont des virus, des bactéries et des protozoaires dont, dans ce dernier cas, les deux plus problématiques sont Giardia et Cryptosporidium qui vivent dans les intestins des humains infectés et des animaux à sang chaud comme les castors et les rats musqués. C’est pour cette raison que les risques sont plus grands à proximité des tributaires des lacs. Contrairement à bien des bactéries, qui meurent rapidement dans l’eau, les kystes de Giardia et les occystes de Cryptosporidiase peuvent survivre plusieurs mois dans l’eau.  
  • La présence dans un bassin versant de castors, de chevreuils, d’ours, d’orignaux, de rats musqués, de visons, de loutres et d’humains devrait suffire à indiquer impérativement de ne pas boire l’eau d’un lac directement ou via une prise d’eau sous aucune considération à moins que les prises d’eau des riverains soient équipées d’un système de traitement spécialement conçu pour éliminer des microorganismes mesurant 4 microns (0,004 mm) de diamètre.

LACS ET CHALETS

 

 

 

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